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Interview de Renaud Varoqueaux, gérant de l’Agence 404

Fév 1 2014

Après l’interview d’Antony RAVENACH, gérant de la société WIDEA, j’ai l’honneur d’inviter de nouveau un webentrepreneur : Renaud Varoqueaux.

Renaud est le gérant et le fondateur de la société Agence 404 qui est spécialisée dans le Webmarketing et le Conseil (SEO, SEA, SMO, ergonomie, …).

A noter que l’agence effectue également des formations autour des thématiques du web mais également des formations sur-mesure.

Le quotidien de l’agence s’articule autour d’audit de site, d’étude stratégique ou encore de cahier des charges web. Bref, cela démontre le professionnalisme de l’agence.

Pour accéder au site web de l’agence, c’est par ici : http://www.agence404.com.

Renaud, je te remercie d’avoir accepté mon invitation au sein de mon blog et j’en profite pour remercier également Victor Lerat d’avoir rendu possible cette interview.
 

En introduction, je te propose de te présenter et de revenir sur ton parcours.

Bonjour, je suis Renaud Varoqueaux, fondateur de l’Agence 404. Mon parcours est atypique comme c’est souvent la norme chez les entrepreneurs du web.

J’ai suivi à Lille une formation initiale de développeur, puis je me suis réorienté vers une école de commerce pour débuter une carrière plus « business » à Paris. Après une petite dizaine d’années à rencontrer des entreprises de tous types et de toutes tailles, j’ai commencé à mener des projets web personnels.

Ayant fait le tour de ma profession et mes projets se développant, j’ai plaqué l’une pour me consacrer aux autres. J’ai alors créé l’Agence 404 pour mon compte propre.

L’installation de l’Agence à Nantes 2 ans plus tard m’a permis de faire évoluer la structure en une agence de conseil webmarketing orientée business qui se développe maintenant sur ce modèle depuis 4 ans.
 

On commence par le SEO : comment perçois-tu l’ultra personnalisation des SERP ? Est-ce une contrainte supplémentaire dans notre métier d’après toi ?

A mon sens, c’est une claire opportunité pour notre métier.

Les moteurs de recherche prennent, depuis toujours, le pas de l’amélioration des résultats dans l’objectif de répondre de mieux en mieux aux attentes des internautes.
L’ultra personnalisation des SERP n’est qu’un élément de ce phénomène tout à fait logique puisque les moteurs de recherche sont construits pour ça car ils sont utilisés pour ça.

Malheureusement, les clients des prestataires SEO ne sont pas les internautes qui utilisent les moteurs de recherche, ce sont des structures qui ne connaissent pas ou appréhendent souvent mal le SEO.

Les clients demandent donc souvent des choses étranges (ressortir premier sur le nom de la marque qui n’est pas encore lancée par exemple !). Et la plupart des prestataires font ce que demande leur client.

Les clients devraient tous demander à leur prestataire de définir sur quelles questions/problématiques on souhaitera croiser ses futurs internautes, et ne pas partir avec des certitudes basiques (être premier sur son nom, sur le nom de sa société, sur le nom de la société concurrente… tout ça est tellement limitatif en terme de développement de business).

Ils ne le font pas, les prestataires non plus, et cette étape fondamentale du SEO visant à préciser/spécifier la requête de l’internaute pour le satisfaire au mieux n’est pas menée.

L’ultra personnalisation des SERP mène une part de plus en plus importante de cette étape, ce qui renvoie tout le monde dos à dos sur des bases plus saines à mon sens.

Ça oblige à plus de pragmatisme, ça entretient moins la magie, c’est un peu dommage pour ceux qui vendent du rêve… mais le rêve ne s’achète pas ! 🙂
 

Globalement, pour une stratégie webmarketing viable, peut-on se passer de Google en France ?

Bien sûr !

Une stratégie webmarketing viable est orientée vers un objectif, une action attendue par les internautes que l’on cible.

Si cette stratégie vise des internautes qui n’utiliseront pas Google pour initier l’action attendue, Google n’est d’aucune aide.

Clairement, il n’arrive que très rarement que ce soit le cas parce que Google est devenu quasi-incontournable dans les usages. Mais si vous prenez l’exemple d’un nouveau produit ou service pour lequel la demande n’existe pas encore, Google peut se révéler n’être que d’une utilité très relative.
 

Peux-tu nous présenter le concept des petits déjeuners de l’Agence 404 ?

Oh, ce n’est pas vraiment un « concept », il s’agit tout simplement d’une invitation à un moment d’échanges sur le webmarketing. Les viennoiseries sont bonnes, le café bien dosé, et l’ambiance constructive. Ca suffit généralement à en faire un rendez-vous appréciable. 🙂

Nous avons lancé ces petits-déj sur la base d’un constat simple : le petit monde du web tourne en rond, et le cercle n’est pas vertueux. Du tout.

En caricaturant un peu, il me semble que les clients demandent des sites sans avoir de ressources web en interne, les agences de com les conseillent globalement en laissant l’aspect web aux webagencies, et les webangencies se retrouvent à mener un projet en voyant leur savoir-faire contraint par des demandes très distanciées de ce qu’est le web des internautes, qui sont logiquement la finalité de tout projet web.

C’est un sac de nœuds dans lequel chacun a l’impression de faire son travail mais avec cette absence totale de réflexion et de synergie, qui programme l’échec logique du projet.

Du coup, petit déj ! L’Agence 404, avec sa position privilégiée de maitre d’œuvre, explique ce que devrait être un projet web qui fonctionne (qui rassemble les vecteurs webmarketing adaptés dans un projet réfléchi) à une assemblée constructive composée de clients, de porteurs de projets, d’agences de com, d’agences web, d’indépendant, etc.

En réfléchissant ensemble dans le bon sens, on contribue à faire naitre des projets bien câblés dès le départ… ce qui est déjà une quasi-garantie de réussite.
 

Là je m’adresse au gérant, quel est ton point de vue sur le matraquage fiscal actuel ? Est-ce que la compétitivité des entreprises est une utopie en France ?

La question est orientée, tu parles de matraquage 🙂 Et pour moi, la situation est bien pire que celle du débat fiscalité vs compétitivité.

En fait, sur le matraquage, je n’ai pas vraiment d’opinion. C’est plus un choix de société.

Pour faire de la marge en produisant de la matière plutôt que de la valeur ajoutée, il est clair que nous ne sommes pas dans le bon pays. Les industries sont déjà mortes en France, quoi qu’en disent les JT. Et nous travaillons vraiment bien sur le service dans un milieu très compétitif (et motivant).

Il est clair qu’en France, si tu as des services de très haute valeur ajoutée, et que tu fais ton métier dans l’intérêt concret de tes clients, tu t’en sors bien. C’est le cas de l’Agence 404.

Nos services sont très ROIstes pour nos clients, qui achètent donc chez nous une valeur ajoutée et une garantie de développement rentable qui rend le prix brut de la prestation tout à fait secondaire.

C’est une chance, parce qu’en effet, nos prestations doivent couvrir le fait que nous avons une équipe de très bons consultants, qui travaillent à deux au moins sur tous nos projets, dans un bon environnement de travail et au sein d’une structure saine, autofinancée, et en croissance. Autant dire que l’unique charge de la société, ce sont les charges, et je n’ai pas de mots pour qualifier leur poids !

C’est dur pour nous, et c’est dur aussi pour tout le secteur. Mais les problèmes et les contraintes, ce sont autant des difficultés que des opportunités de tirer son épingle du jeu. A vous de choisir le verre à moitié vide ou a moitié plein.

Le vrai souci à mon sens, c’est que nous sommes un pays qui parle beaucoup du vide dans le verre. Ce qui agace bon nombre d’entrepreneurs.
C’est cette « râlitude » qui sclérose les choses, cette propension de tous à parler des choses qui ne vont pas, sans dire pourquoi elles ne vont pas mais en ne disant pas si elles vont aller mieux, le tout en évitant à tout prix d’aborder la seule question qui en vaille la peine : comment faire mieux ?

Le matraquage fiscal actuel ? C’est une conséquence à une problématique de fond. Est-ce que la compétitivité est une utopie en France ? Oui pour les secteurs qui ne sont plus soutenus depuis des années (ceux-là sont soit morts, soit mourants, soit en très bonne forme mais plus du tout français), non pour les autres, encore fait-il entretenir et poursuivre les efforts en s’attaquant aux problématiques de fond.

Dans tous les cas, le vrai problème, grave, c’est de ne pas être en mesure de prendre les problèmes à bras le corps et de les régler, ou au moins d’actionner des leviers réfléchis et pérennes pour chercher à améliorer les choses.

Dans le monde de l’entreprise comme ailleurs dans notre société, on manque d’échanges positifs, constructifs et, surtout, objectifs. Et une société sans échanges, c’est une société qui meurt.

C’est un fait, c’est comme ça partout depuis toujours. Il faut juste en prendre conscience, se retrousser les manches, être constructif (et enfin traiter par l’ignorance ceux qui ne le sont pas !) et redevenir ainsi une société vivante, c’est aussi simple que ça.
Les bonnes décisions viendront alors d’elles-mêmes dans les bonnes réflexions.
 

Comment vois-tu l’évolution de l’agence en 2014 ? Est-ce que vous nous préparez des petites nouveautés ?

Oui, on a du mal à ne pas avoir de petites nouveautés chez nous. 🙂

2014 sera d’abord l’année de l’implantation des antennes de l’Agence 404 pour être au plus proche de nos clients : nous avons besoin de proximité avec nos partenaires, ça favorise et facilite grandement les échanges qui alimentent tout projet réussi. Paris, Rennes, Angers et La Roche-sur-Yon voient donc les nouvelles implantations de l’Agence 404.

Ensuite, nous allons mettre en place des outils de partage, de communication, d’échanges (ceux-là même dont je louais les vertus plus haut), mais je ne peux pas en dire davantage dans le détail pour le moment, c’est encore en cours de conception.

Enfin, la rentrée de septembre 2014 devrait voire naître une nouvelle offre de l’Agence 404, qui cultivera l’originalité que l’on entretien toujours en privilégiant ce qui devrait être à ce qui est. Dans le monde du web, ça me parait être de rigueur.
 

Enfin, la question que tout le monde se pose : pourquoi associer un code de status HTTP renvoyant une erreur au nom de l’agence ?

Ah oui, tiens, l’erreur 404 ! Je n’avais jamais fait le rapprochement 🙂

Le but avoué, c’est de « sonner web » et de tendre la perche : si vous générez ou voyez des erreurs 404, appelez 404. Le but moins avouable, c’est de figurer en tête des listings et annuaires pro, souvent classés alphabétiquement, puisqu’à l’origine la société s’appelait « 404 Création ».

Depuis, je me suis pris d’affection pour les Peugeot 404, et c’est très bien aussi.

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